Composer une mélodie

Comment composer une mélodie

composer une mélodie à la guitareQuelque soient vos connaissances en musique, vous pouvez avoir des intuitions musicales et des envies de composer une mélodie. Que ce soit pour une musique originale instrumentale qui accompagnera une vidéo, ou pour mettre un texte en chanson, vous allez avoir besoin d’au moins 3 ingrédients principaux quasiment indissociables.

  1. une mélodie
  2. un rythme
  3. une suite d’accords

On peut composer une mélodie en partant de n’importe lequel de ces 3 ingrédients néanmoins, vous aurez beaucoup de mal à ne pas tenir compte du rythme ou du cadre rythmique.

Dans cet article, je vais vous donner quelques éléments de réflexion pour bien structurer votre mélodie qui servira donc de point de départ pour votre composition.

Le cadre rythmique

Même si votre première idée est une mélodie sympa que vous avez en tête, que vous chantonnez ou que vous jouez sur votre instrument, vous allez devoir inscrire cette mélodie dans un cadre rythmique ou définir le cadre rythmique qui va « coller » avec votre idée.

De quoi ce cadre rythmique est-il composé?image-de-métronome

  • du nombre de temps compris dans une mesure, souvent à 4 temps mais pouvant varier de 2 à 7 temps ou plus,
  • du tempo, c’est à dire de la vitesse de la pulsation qui soutient cette mélodie, (Elle se mesure en battements par minute ou « bpm »)
  • de l’interprétation binaire ou ternaire des croches jouées, si votre mélodie en contient

Un rythme binaire est un rythme régulier où toutes les croches sont égales, comme dans le rock ou la bossa nova par exemple. Un rythme ternaire va « balancer » davantage, comme souvent dans le blues, le swing manouche et le jazz en général, mais pas seulement.

Si vous travaillez avec une boîte à rythme, ou un logiciel de musique, ou si vous souhaitez tout simplement jouer votre musique avec d’autres musiciens, vous aurez besoin de donner ces informations et donc de les connaître.

La forme

Une fois que vous avez déterminé votre cadre rythmique, vous allez devoir songer à la forme de votre composition. Si votre mélodie fait 5 mesures, c’est évidemment un peu court et ce n’est pas vraiment une forme habituelle. Vous allez donc devoir développer votre mélodie ou au moins la forme, c’est à dire augmenter le nombre de mesures. Vos auditeurs aiment aussi la musique et même s’ils ne savent pas comment composer une mélodie, ils ont leurs repères et leurs habitudes. De façon générale, les morceaux que nous écoutons sont structurés en suites de 4 mesures qui constituent des petits cycles facilement identifiables.

Exemples

Par exemple, un blues fait 12 mesures, dont 3 parties de 4 mesures. Un couplet de chanson pop ou un refrain est souvent construit sur 8 mesures, soit 2 fois 4 mesures. Un pont ou petit interlude qui va séparer 2 refrains peut être constitué de 4 mesures.

La forme va donc être la structure générale de votre composition. C’est l’organisation des différentes parties.

exemple:image-ondes-carré

  • introduction (4 mesures)
  • couplet (8 mesures)
  • refrain 1 (8 mesures)
  • couplet 2 (8 mesures)
  • refrain 2 (8 mesures)
  • interlude ou pont (4 mesures)
  • refrain 3 (8 mesures)
  • demi couplet (4 mesures)
  • refrain 4 (8 mesures)
  • coda de fin (4 mesures)

Ça peut aussi être une forme de 32 mesures AABA, c’est à dire 4 parties de 8 mesures dont la 3ème est différentes des autres parties. C’est une forme très commune en jazz mais que tout le monde comprend facilement. Par exemple, « au clair de la lune » est un 32 mesures AABA si on le pense en 2 temps.

Et si j’ai envie de faire autrement?

Vous pouvez choisir de modifier les formes standards de manière à surprendre l’auditeur mais c’est à vos risques et périls! Les Beatles par exemple ont fait de nombreux morceaux dont les formes n’étaient pas traditionnelles, ou comportaient des éléments de surprises. Ça peut être une structure « bancale » avec un nombre de mesures inhabituel, ou un changement de métrique en plein milieu d’un morceau. Bien sur, tout est possible, mais malheureusement, tout le monde n’a pas le talent des Beatles! Si vous n’avez pas trop d’idées, choisissez des formes simples et classiques.

La tonalité, c’est important pour composer une mélodie?

OUI! Tout comme pour la forme, l’auditeur aime comprendre votre musique et avoir quelques points de repères sur la tonalité. La tonalité, c’est le contexte harmonique de votre composition. Pour faire simple, votre mélodie doit pouvoir s’appuyer sur les notes d’une gamme Majeure ou mineure. La première possibilité pour composer une mélodie, c’est donc de choisir une gamme à l’avance avant d’utiliser ses note.chanteuse

Prenons un exemple. Vous avez un clavier de piano et vous trouvez une idée de mélodie en ne jouant que sur les touches blanches. Vous avez déjà sélectionné la tonalité de Do Majeur ou La mineur en faisant cela.

Autre exemple, sur votre guitare, vous composer une mélodie en cherchant à l’oreille quelque chose qui vous plait. Mais comment faire pour traduire ces notes en tonalité? Vous allez tout d’abord devoir noter le nom des notes de votre composition sur une feuille en vous appuyant sur une tablature de manche si vous ne connaissez pas bien votre manche.

Ensuite, vous allez devoir ranger ces notes dans l’ordre croissant pour pouvoir comparer ces notes aux notes des différentes tonalités. J’explique comment faire cela en détail dans la formation vidéo suivante.

Quels accords utiliser avec cette mélodie?

L’intérêt d’avoir une mélodie qui s’inscrit dans une tonalité connue, c’est déjà de pouvoir être compris par vos auditeurs, et de disposer d’un ensemble d’accords qui sont liés à chaque tonalité.

capodastrePar exemple, votre mélodie est en Mi b Majeur. Les principaux accords qui « fonctionnent » avec cette mélodie sont: Eb, Fm, Gm, Ab, Bb, Bb7 et Cm. A priori, ces accords ne sont pas évidents à jouer pour un guitariste débutant. Et pourtant, si vous placez votre capodastre en case 3, ces accords se transforment en: C, Dm, Em, F, G, G7 et Am. Et là, tout de suite, on se sent beaucoup mieux! Il ne reste plus qu’à choisir vos accords pour mettre en valeur votre mélodie de départ. Vous pouvez le faire « au feeling », mais tous ces accords n’ont pas la même « couleur » et la même fonction. De plus, ils doivent être connectés aux notes de votre mélodie. Mais c’est un autre sujet.

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About The Author

yvon59

Je m'appelle Yvon Demol, je suis né en 1974. Bien que n'étant pas issu d'une famille de musiciens, la musique a toujours fait partie de ma vie. J'ai eu la chance d'aller écouter très jeune, des concerts de Jazz avec mes parents (Toots Thielemans, Stéphane Grappelli, Michel Petrucciani, ...) et aussi d'apprendre à jouer du piano classique. À l'adolescence, j'ai lâchement abandonné le piano dès que j'ai pu m'offrir ma première guitare électrique, puis j'ai rapidement créé mes premiers groupes de Hard Rock avec des copains. J'ai découvert ensuite le jazz fusion et des musiciens comme Jaco Pastorius qui m'ont ramené petit à petit vers le jazz que mon père affectionne et que je rejetais un peu à cette période. Après des études en électricité, j'ai finalement choisi l'évidence pour moi, vivre de la musique. J'ai alors suivi mes études musicales dans différentes écoles et conservatoires de Lille et de la région Parisienne tout en commençant à donner des cours de guitare, et en jouant dès que l'occasion se présentait, si possible sur des standards de jazz. J'ai également beaucoup appris au contact de musiciens plus chevronnés avec lesquels j'ai pu jouer occasionnellement ou plus régulièrement comme avec le saxophoniste Jocelyn Ménard de 2009 à 2010 lors d’une année inoubliable passée en Guadeloupe. Durant cette année, j’ai eu la chance de rencontrer et de jouer avec de nombreux musiciens très talentueux. J’ai été très marqué par ma rencontre avec le guitariste André Condouant. Ses nombreux enregistrements depuis le milieu des années 60 sont pour moi, encore aujourd’hui une source inépuisable d’inspiration. Mais comme la plupart des musiciens que j’ai pu citer précédemment, peu importe l’instrument, je suis fasciné avant tout par le jazz, plus particulièrement par le bebop, le son, le swing et surtout son langage harmonique. Aujourd'hui, je continue de jouer, d'apprendre et d'enseigner dans plusieurs écoles de ma région ainsi que sur internet par Skype. J’ai écrit un livre sur les outils de la guitare jazz. Je donne des cours à des amateurs passionnés de tous âges à travers la France. Je propose des vidéos de formations sur Youtube et je m’occupe de mon blog jazzetguitare.com.